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« Toutes choses consistent
en oui et non »

Jakob Boehme

« Le oui serait sans force
si le non n’existait pas »

Schelling

« L’univers ne fait que
se redire ou se contredire »
yinyan

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Ou le triomphe du numérique

S’il y a eu un créateur, il n’a su dire par paresse, que « oui » ou son inverse « non ». En effet, l’univers n’est qu’un assemblage de oui et de non. Par convention on peut écrire oui =1, non=0.

C’est le code cosmique. A l’aide de l’informatique on peut tout exprimer par une chaîne de 1 (le courant passe sur ordre dans un transistor) et de 0 (le courant ne passe pas). C’est une alternative « tout ou rien ». La nature est paresseuse et applique le principe du moindre effort. L’action doit être la plus faible possible. Il est plus aisé de fermer ou d’ouvrir une porte plutôt que de l’entrouvrir proportionnellement à l’énergie déployée. C’est le procédé le moins coûteux. Il faut bien sûr faire un effort pour ouvrir ou fermer une porte mais cela peut consister, par exemple, en un seul signal qui est actionné ou non. Le travail consiste à appuyer sur un bouton électrique et à le relâcher.

Voici une succession linéaire de 0 et de 1 : 00101110

Pour huit chiffres il y a 28 soit 256 manières de combiner 0 et 1. C’est un octet. Le nombre 213 donne environ 10000 combinaisons de 0 et de 1. D’après certains l’univers serait composé de 10120 octets ce qui est absolument énorme et dépasse très largement notre capacité d’entendement.

Pour élaborer cette suite de 0 et 1 on opère par similitude. Au 0 succède 0 et 1 succède à 1. Nous n’avons affaire qu’au semblable ce qui est très simple. Une autre façon de procéder pour diversifier la suite de 0 et de 1 est de passer de 0 à son contraire 1 ou l’inverse. {0,1} est un couple d’opposés. On va de l’un à l’autre par retournement et négation. L’existence de l’un valide celle de l’autre. Il ne peut y avoir qu’une seule alternative : 0 ou 1. Le 0 et le 1 ne peuvent pas être confondus que dans quelque chose d’inconnu. Ils ne peuvent caractériser, par le connecteur Ou, que le monde du connu. Le OU est inclusif c’est-à-dire qu’il comprend la conjonction Et en refusant la simultanéité. En posant que le 0 figure le néant, le rien, le 1 est alors le symbole de l’existant, de l’être. On peut lui affecter n’importe quelle acception en valeur, pourvu que cela reste constant qu’elle que soit la position de 1 dans la chaîne. Le 1 serait alors le « quelque chose » de la question posé par Leibniz. « Pourquoi   quelque chose plutôt que rien ? » mais le choix est réalisé dans l’enchaînement des 0 et des 1. Une suite de 0 ou de 1 n’a aucune signification. C’est l’alternance séquentielle de 0 et de 1 qui informe sur ce qu’on convient de représenter. Cela contredit Leibniz qui affirmait que la nature ne fait pas de sauts. Le 1 pourrait est h, la constante de Planck, ou c, la vitesse de la lumière.

Le codage 0.1 peut être infini car au bout de la suite finie quelle que soit la longueur, il y aura toujours en puissance le choix 0 ou 1. Cela signifie qu’il est absolument impossible de symboliser l’indéfinissable.

Le 0 et le 1 qui sont, comme nous l’avons dit des abstractions, ne signifient rien en eux-mêmes. Seules comptent les relations qu’ils ont entre eux. Ces relations sont de l’ordre de la similitude comme de 0 à 0 ou de 1 à 1 mais elles peuvent s’inverser pour aller de 0 à 1 ou de 1 à 0. On n’utilise comme interaction que le semblable ou son contraire qui n’est que du semblable inversé. La différenciation qui, seule permet de connaître, n’est possible non par la similitude qui n’apprend rien mais par la contrariété de cette similitude qui en brise la symétrie.

La grande diversité n’est obtenue ainsi que par des opérations extrêmement simples et peu couteuses. La nature ne sait qu’affirmer ou nier ce qui est affirmé. L’inconvénient est qu’il faut un très grand nombre de ces opérations pour réaliser la complexité de l’univers dans lequel tout s’agite frénétiquement.

Les chaines binaires peuvent se croiser, se chevaucher, interférer comme les ondes. Les chemins qu’elles peuvent emprunter ont toutes les directions possibles, en allant de l’impossible (0) au certain (1).

L’univers est comparable à un immense jeu de pile ou face. Si le résultat individuel est aléatoire, dans le collectif, le grand nombre, se produit un effet statistique. En réalité, beaucoup de résultats ne différant que par pile ou face, s’annulent. Il y a des recouvrements partiels et l’annulation n’est jamais parfaite. Il en émerge d’une part des propriétés qui ne sont pas identiques à celles des parties. D’autre part c’est cet effet que nous percevons et comme il est lissé, on a faussement l’idée de lois générales. Une bonne image est la phrase suivante : une mer très agitée devient calme vue d’avion. Enfin dans le jeu de pile ou face, par exemple, le nombre de face sensiblement égal au nombre de pile. La même chose se produit avec le oui-non. L’addition des « oui » et des « non » donne un état pratiquement nul. Il y a toujours des différences car tout est décalé par l’espace-temps et la situation d’équilibre oscillant autour de zéro n’est jamais parfaite. On est cependant proche de la nullité sans l’atteindre. L’univers balance légèrement autour du néant. Il s’en détache quelque peut par les opposés qui s’installent et s’agglutinent autour de ce « no man’s land » pour constituer le monde connaissable.

Quoi de plus simple que ce monde dualiste ?

N.B. : L’univers est l’ensemble de ce qui existe dans l’espace et le temps. Ce mot vient du latin « unus et versus ». Unus peut signifier ce qui est uni, ce qui reste toujours semblable à lui-même. Versus est le sillon de la charrue qui retourne la terre en la labourant de long en large, dans sa totalité. On le retrouve dans le recto et verso. Versus est couramment utilisé pour désigner un opposé sous la forme abrégée vs. Ajoutons que le sillon se fait parallèlement en sens inverse au sillon qui vient d’être tracé. Le mot univers où règnent la similitude et l’inversion pourrait être compris comme infini revenant constamment sur lui-même comme parcourant un cercle ou une ellipse et revenant finalement à son point de départ. Cela peut signifier aussi qu’il y a une sorte d’antimonde miroir qui apparaît quand la force d’attraction devient prépondérante sur l’expansion ou l’inverse. Par cette idée de labourer on comprend ainsi qu’on utilise le mot champ au lieu de l’hypothétique espace purement abstrait.

 

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