Illusion

Il faut regarder la vie en farce

Scutenaire

L’illusion quantique

Dans l’idée que le monde est une scène de théâtre aussi bien pour les hommes que pour les particules subatomiques qui les animent, idée qui est développée dans notre article « Six personnages en quête d’auteur », nous allons disserter sur la pièce de Corneille « L’Illusion comique » (1636).

La pièce est fondée sur un stratagème de magicien qui promet à un père qui n’a pas vu son fils depuis 10 ans, de faire apparaitre ce fils dans une grotte grâce à des illusions. Il prétend que son fils devenu une sorte de va-nu-pieds est au service d’un matamore, sorti de la comédia dell ‘arte, une sorte de Tartarin. Il s’ensuit une représentation, comme en cinématographie, de son fils (Clindor). Le doute subsiste sur la réalité de ces apparitions dont le père serait une victime crédule. Le film continue avec un chassé-croisé entre le prétendant d’une jeune femme, Isabelle, le fils auquel elle avoue son amour, Lyse la servante d’Isabelle, secrètement amoureuse de Clindor. Comme toute comédie, beaucoup de quiproquos alimentent l’intrigue. Le prétendant d’Isabelle surprend celle-ci échangeant un baiser avec Clindor. Ce dernier le tue. Il est condamné à mort. Le père s’effondre.

Avec la complicité du geôlier, Isabelle et Lyse se déguisent en bourreaux et font évader Clindor. Le père est alors soulagé.

Le magicien fait apparaître Clindor deux ans plus tard et demande au père de rester calme et de ne pas intervenir. Clindor est maintenant marié à Isabelle. Mais le scénario se dramatise. Clindor tombe amoureux de la princesse Rosine. Un prince, lui, aime Isabelle. Mais il est quand même surpris avec Rosine par le prince qui les tuent tous les deux.

Le père est à nouveau effondré. C’est alors que le magicien lui montre que les acteurs, dont Clindor, sont en fait en train de jouer une pièce de théâtre. Le père trompé par le magicien se demande où est la fiction et la réalité.

Par le subterfuge d’une pièce de théâtre jouée dans une pièce de théâtre, Corneille montre que se confondent réalité et fiction. La question de savoir où est la vérité reste en suspens.

Comme le dit Pirandello « à chacun sa vérité » ce qui signifie qu’il n’y a pas une vérité pour tous. La vérité est au-delà des rails de chemin de fer qui semble se rejoindre à l’infini. Elle recule d’autant qu’on veut s’approcher du point apparent de jonction.

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