Maxwell

«  Et battant tous les pavés

Si tu ne l’as point trouvée

Tu l’auras au moins rêvée,

Cherche la rose. »

Henri Salvador

TAO

« La rose est sans pourquoi »

Angelius Silesius

Le pèlerin chérubique.

 

Cherche la rose

ou

La pierre de Rosette

 

Voici à l’état brut les quatre équations de Maxwell décrivant et résumant l’action du champ electro-magnétique et de la lumière.

Elles attiraient la profonde admiration d’Albert Einstein :

« Avec James Clerck Maxwell un âge scientifique a pris fin, un autre a commencé. »

 

Formules de Maxwell

Formules de Maxwell

Pour le vulgum pecus, c’est absolument incompréhensible et ressort de formules magiques tout-à-fait absconses. Détiennent-elles la clé du monde ?

Essayons d’imaginer une équipe d’archéologues intersidéraux recherchant dans quelques millions d’années les traces d’une civilisation disparue dénommée « humanité » et ayant vécu sur une petite planète gravitant autour d’une étoile de banlieue de la voie lactée. Ils finissent par découvrir cet astéroïde, perdu dans l’immensité glacée, devenu complètement radioactif et désertique. Plus de vestiges de cette humanité qui a sans doute fini par s’autodétruire par ses inconséquences, son goût immodéré pour le pouvoir, l’argent et le sexe, accumulant ses ordures et ses déchets.

Les archéologues ne trouvent au cours de leurs fouilles qu’une pierre sur laquelle sont gravées les fameuses formules aussi énigmatiques que la Pierre de Rosette de Champollion qui avait permis de décrypter les hiéroglyphes des Egyptiens. Ils se demandent quel est la clef de cette langue ésotérique sans doute réservée à quelques initiés ayant péri sans donner le moindre indice qui aurait permis de la déchiffrer.

Pourtant ces archéologues savaient par des messages lancés par ces hommes dans l’espace intersidéral sans bien savoir à qu’ils étaient destinés qu’ils se vantaient de détenir le «Grand Secret». Ils auraient cultivé des fleurs, notamment la rose dont ils disaient qu’elle était sans pourquoi car ils étaient complètement incapables de la fabriquer. Ces archéologues n’ignoraient pas que si la rose avait poussé sur la Terre, les hommes l’avaient détruite par pure stupidité Elle reste maintenant introuvable dans tout l’univers. D’où leur perplexité devant ces formules abracadabrantes. Certains hommes auraient-ils vraiment découvert le « Grand Secret » et ces formules détenaient-elles le pouvoir magique de créer des fleurs ?

Essayons de répondre.

Nous ne nous sommes pas encore autodétruits. Il faut se ressaisir. Nous avons conservé un certain nombre de documents qui nous permettent d’envisager les principales étapes de la pensée scientifique ayant abouti à ces opérations. Malheureusement elles ne sont plus considérées comme une fin en soi. D’autres étapes ont été franchies et il y en a certainement beaucoup d’autres à venir. Les découvertes scientifiques sont ainsi faites que ce que l’on croit être définitif n’est qu’une avancée vers un but qui recule au fur et à mesure qu’on s’en rapproche. Il reste cependant une certitude. Le champ électromagnétique que résument ces équations est bien constitutif de la matière et du vivant. C’est la structure, l’ossature qui permet aux particules de tenir ensemble. Si l’on pouvait supprimer d’un coup de baguette magique le champ électromagnétique tout l’édifice du vivant s’écroulerait et nous serions réduits à un infime tas de cendres. Dans le vide dit «quantique » les particules n’occupent qu’un espace extrêmement restreint tenant simplement par une force électrique d’interaction fluctuant aléatoirement autour d’une valeur moyenne proche de zéro. Les êtres sont constitués essentiellement de vide plein de forces occultes qui se repoussent l’une l’autre et fournisseur par ses fluctuations autour du point zéro, d’énergie qui lui a été empruntée sous la condition de la restituer.

Il résulte de ceci que les archéologues intersidéraux pouvaient avec raison penser qu’ils avaient bien mis à jour les formules qui pourraient permettre à nouveau d’ensemencer des fleurs dans l’univers.

En fait le dilemme est le suivant : peut-on traduire le vivant en termes mathématiques ? Ou la démarche inverse est-elle possible c’est-à-dire peut-on fabriquer du vivant à partir des équations de champ ?

Pour l’instant la réponse est claire : l’homme s’il est capable de comprendre le fonctionnement des atomes, il ne peut absolument pas en définir l’essence et encore moins en concevoir. Pour cela les mathématiques sont totalement impuissantes. Elles ne sont qu’un outil conceptuel heuristique, prévisionnel, façonné par le cerveau humain et proprement immatériel. Tout est flou et n’a que des probabilités d’exister.

L’imprécision est de règle. Les êtres quantiques ne sont saisissables que par des abstractions qui ne peuvent conduire qu’au réductionnisme. Le travail de Maxwell n’est que la formulation de ce qu’avait pressenti l’expérimentateur pragmatique de génie qu’était Faraday. Ses formules ne sont qu’une condensation par des symboles et par la suite elles se sont avérées peu manipulables.

Les êtres vivants n’ont pu s’imposer que par leur complexité, très difficile à reproduire. Une poule, animal jugé stupide peut pondre des œufs qui sont des merveilles que la nature a conçu en permettant de les répéter mécaniquement. Un œuf ne ressemble jamais parfaitement à un autre œuf et ce sont ces fautes de reproduction qui vont permettre l’évolution des espèces. La nature malgré sa tendance à en faire le moins possible a déployé des trésors d’inventivité en se faisant aider par l’écoulement du temps.

Les mathématiques ne sont que le miel de la réalité. Elles n’en sont qu’un extrait. On ne peut réduire la nature à ces quelques signes cabalistiques. Les archéologues ont eu bien tort de penser qu’avec cette pierre de Maxwell, ils pouvaient espérer refabriquer la rose irrémédiablement disparue par la faute des hommes à qui elle avait été confiée et qui n’ont pas su la préserver.

 

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